Le projet d'extension du centre d'enfouissement de Tréméoc a été adopté jeudi soir. Un préalable au dépôt en préfecture et à l'enquête d'utilité publique qui devrait suivre à la fin de l'année.
«C'est un projet à l'échelle du Finistère», a rappelé Jean-Paul Stanzel en présentant jeudi soir le projet d'extension du centre d'enfouissement technique des déchets (CETD) de classe 2 de Tréméoc. Un projet pour lequel «les Bigoudens jouent altruistes» a-t-il précisé rappelant que le site allait accueillir les déchets ménagers ultimes des Bigoudens mais aussi des syndicats Valcor et Sidepaq. Surtout, il a expliqué qu'il était «responsable» de gérer ses déchets plutôt que de les expédier, comme cela est le cas depuis deux ans, à Laval.
Les réserves de Combrit
Un dossier qui n'en est qu'à ses débuts. À la validation communautaire, préalable nécessaire au dépôt du projet en préfecture et à l'étude des services de l'État (Dréal notamment), va s'en suivre une enquête d'utilité publique «fin de l'année, début 2013». Installation classée, le CTED devenu Installation de stockage des déchets non dangereux (ISDnd), est situé dans le prolongement de l'ancien site du Yeun. Et non loin du Corroac'h. Une proximité qui a vu les élus de Combrit, par la voix du maire Jean-Claude Dupré, exprimer «une réserve pour ne pas dire une inquiétude». En cause un casier (situé au nord-est et «qui ne sera pas exploité avant 15 ans», assure Daniel Couïc) situé «sur un petit ru qui se jette dans Le Corroac'h, on craint qu'il y ait communication à un moment donné», poursuit le maire de Combrit. Une inquiétude soulevée aussi par Adrien Binet pour qui la «vigilance» doit s'imposer, et, avant eux, par le Silvalodet (Sage de l'Odet) consulté sur le projet. Jean-Paul Stanzel s'est voulu rassurant, expliquant que ce casier «sera déplacé ou enlevé». Rappelant aussi que la communauté s'appuie sur une expérience de 15ans qui montre «que l'ISDnd n'a pas d'impact sur la ressource».
Ne pas travailler à l'aveugle
Dans le cadre de la problématique de la ressource en eau et de l'inquiétude née de la crise de l'automne dernier, le ruisseau du Corroac'h a vocation à devenir une source d'alimentation de secours. «Si on a le moindre doute, on privilégierait la ressource», assure Jean-Paul Stanzel. «On ne va pas travailler à l'aveugle, on va mettre tous les instruments en place pour assurer la qualité de l'eau», a souligné Daniel Couïc. «On ne va pas jouer les "Docteur Folamour"». «Le projet sera modifié en tenant compte des remarques», a assuré Jean-Paul Stanzel. À noter que la présence d'une Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) et d'espèces protégées, comme l'escargot de Quimper ou l'écureuil roux, ont été prises en compte. Une demande de dérogation auprès du Conseil national de la protection de la nature a été faite. Des garanties qui, à l'évidence, ont rassuré les élus puisque le projet a été unanimement adopté. Reste maintenant à attendre l'enquête publique.