
La maison présente plus d’une dizaine d’impacts sur plusieurs mètres.
Photo : Ouest-France
Marie-Paule Tessier écarte à peine pouce et index : « On nous a dit que le plomb était passé à ça du cerveau. Mon mari a failli mourir et va peut-être perdre son œil… » Coup dur pour ces Parisiens venus assister à des obsèques. Ils sont restés, ce week-end, dans la maison familiale de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor).
Un chevreuil devant la maison
Dimanche matin, Patrick Tessier, 58 ans, referme une fenêtre quand il aperçoit un chevreuil contre le grillage, à trois mètres. Il essaie de le faire furie en criant. Des chasseurs en battue ont aussi vu l’animal.
Marie-Paule Tessier, dans la salle de bains, entend deux coups de feu. Quelqu’un crie à l’aide. « J’ai d’abord cru que c’était mon beau-frère qui avait été touché, puis j’ai vu Patrick, écroulé ; il saignait. J’ai crié aux chasseurs : ' Vous avez tiré sur mon mari ! ', mais eux continuaient à marcher tranquillement. Ensuite, ils m’ont dit qu’ils avaient pris mes cris pour des propos anti-chasse… »
Le chasseur a reconnu son erreur
Les chasseurs étaient postés à moins d’une centaine de mètres. Plus d’une dizaine d’impacts de plomb ont criblé les volets et arrosé la façade sur une bonne largeur. « Ce n’est pas la première fois qu’on voit des chasseurs ici. Mon mari trouvait inadmissible de pénétrer dans des propriétés privées et de chasser si près des maisons. »
Le blessé a été hospitalisé à Brest où il a été opéré, hier.
Dimanche, interrogé par les gendarmes, le tireur maladroit, 66 ans, aurait reconnu avoir commis une grave erreur. Pris par sa chasse, il en aurait oublié les maisons alentour. Il sera à nouveau entendu lorsque les enquêteurs en sauront plus sur l’état du blessé et les éventuelles séquelles. Ceci permettra de déterminer la qualification pénale de l’acte et les suites judiciaires à lui donner.
in "Ouest-France"